Le 04-09-2010 | 20:31
Actualités
Salles de shoot de la mairie de Paris : le raisonnement par l'absurde par Jean-François Lamour
21-12-2009

LEMONDE.FR | 21.12.09 |

"Salles de conso", "piqueries", "drogatoriums" ou encore "salles de shoot", les mots ne manquent pas pour désigner des lieux qui pourtant n'existent pas encore en France : des endroits où les toxicomanes pourraient consommer crack, héroïne, cocaïne, dans une relative sécurité et un accompagnement compassionnel… De quoi s'agit-il en réalité ? De cacher les toxicomanes dans des centres, sous couvert de prise en charge médicale ? D'imposer, au nom d'une soi-disant réduction des risques, l'implantation de lieux permettant aux "accros" de venir se piquer dans un espace réservé, financé par la collectivité et géré par des travailleurs sociaux ? C'est cela, la grande idée de M. Le Guen, médecin, parlementaire et membre du conseil d'administration de l'APHP, pour améliorer la santé de nos concitoyens : leur proposer des lieux afin que les drogués puissent continuer à se détruire, dans la discrétion et rester entre eux, dans un espace qui leur serait dédié. Sous prétexte de lutter contre les overdoses, le sida, l'hépatite C, les partisans de ces salles en appellent clairement à la reconnaissance du statut "d'usager de drogues" plutôt qu'à un objectif de sevrage qui seul devrait être poursuivi. Toutes les expériences menées à travers le monde, notamment en Suisse et en Allemagne, démontrent que l'ouverture de ces salles de consommation, bien loin d'aider les toxicomanes, aggrave le problème à plusieurs titres. Elles encouragent l'augmentation de la consommation voire même l'initiation de nouveaux usagers qui, rassurés par la présence de personnel médical, vont oser prendre plus de risques avec des doses plus fortes. Elles contribuent au maintien d'une habitude, au lieu d'inciter l'utilisateur à arrêter. En effet, l'existence de ces lieux peut être interprétée comme une acceptation tacite de la société de l'usage de substances pourtant illégales, particulièrement chez les jeunes qui peuvent y voir une certaine légitimation de cette pratique. Ce qui est en soi un paradoxe. Enfin, les risques de troubles à l'ordre public, à proximité de ces salles, qui attirent dealers et usagers, sont évidents. En résumé, pour un bénéfice très discutable, la mise en place de telles structures revient à donner le sentiment que les pouvoirs publics accompagnent la consommation des drogues, ce qui d'un point de vue moral est inacceptable et tout à fait condamnable tant dans cette proposition que dans celle de Daniel Vaillant de dépénaliser le cannabis ou des Verts, de légaliser l'ensemble des drogues. Quant à ceux dont le métier est de soigner, ceux qui s'efforcent de prévenir l'usage des drogues, quel signe d'encouragement vont-ils voir dans ce compromis fataliste et immoral ? La lutte contre la toxicomanie est un enjeu de santé publique. Elle doit mobiliser l'ensemble des acteurs publics. Non par la création d' "anti-chambres de la mort " qui seraient des prémices à la reconnaissance, la légalisation ou la dépénalisation de l'usage des drogues, et ne sont en aucun cas des réponses porteuses d'espérance.

L'objectif est de réduire la consommation et prévenir la dépendance, en accompagnant les usagers à sortir de la drogue et non en leur en facilitant l'accès ! La consommation de drogue est illégale. Elle est un chemin de souffrance pour l'homme, celui de la fragilité, de la vulnérabilité, de la désespérance, de la détresse, de la misère, de la maladie qui peut mener à la mort. Elle est un chemin d'incompréhension pour les familles.

Elle est une gangrène. Il faut la combattre dans toutes ses dimensions, par une combinaison d'approches répressive et judicaire, sanitaire et sociale, économique et financière, éducative et familiale, et sur tous les fronts, mondial, national, local.

Il faut que chacun se mobilise pour informer, améliorer la prise en charge des malades, l'efficacité des soins, l'écoute des familles mais aussi les sanctions. Chacun doit prendre conscience de la nécessité d'agir ensemble, sans exclusive et sans tabou mais surtout sans oublier les vies brisées, les familles déchirées, les promesses gâchées parce qu'un jeune, un enfant souvent, aura croisé un jour le marchand de la mort... Ayons à coeur de démontrer aux plus fragiles que l'Etat est décidé à les protéger contre le poison des paradis artificiels, contre l'instrumentalisation dont ils ont fait l'objet. Aujourd'hui les toxicomanes aux opiacés sont déjà, dans leur grande majorité, pris en charge par le système de soins. Une priorité s'impose plus que jamais : lutter efficacement contre la consommation, particulièrement chez les jeunes. Et cela, nous ne le ferons pas en leur offrant de nouveaux moyens d'y pourvoir. L'ambition est ailleurs, elle est dans la prévention, l'information. Elle est également dans la coopération judiciaire et policière, sans oublier l'aide aux familles et à la réalisation de leurs projets pour les jeunes. C'est la lutte en amont des routes de la drogue qui doit mobiliser. Il faut agir sur son accessibilité et non en encadrer l'usage. C'est là l'essentiel du combat qui doit nous animer.

Nous disons non à l'idée inacceptable de M. Le Guen qui permet à la majorité municipale parisienne de se donner bonne conscience en adoptant une solution "humanitaire" qu'elle croit pleine de compassion… seul argument pour justifier l'injustifiable...

Jean-François Lamour, président du groupe UMPPA Conseil de Paris
Philippe Goujon, député-maire UMP du XVe arrondissement de Paris et conseiller de Paris
Anne-Constance Onghena, conseillère de Paris




Quizz
Est-ce que toute personne qui prend de la drogue est toxicomane?

Non

On appelle toxicomane une personne qui prend de la drogue pour régler les problèmes créés par la prise de drogue.

La personne croit qu'elle peut arrêter de prendre sa drogue quand elle veut alors qu'elle en est incapable malgré les conséquences néfastes créées par sa consommation..

Si son produit vient à manquer, le toxicomane ne pense qu'à s'en procurer quitte à faire des actes qu'il réprouve, la demande est si forte que toute référence à la volonté, à l'effort, à l'amour ou à la morale tend à disparaître puis disparaît. Le mensonge, la violence, l'agressivité, la souffrance morale et physique, l'auto-mutilation, la peur deviennent quotidiens.

Perdant l'estime de lui à cause de ses actes néfastes le toxicomane a pour compagnie la solitude et l'envie de suicide.

 

 


Un petit joint de temps en temps, est-ce dangereux?

Oui

Le joint est du cannabis, herbe, consommé pur, ou schit mélangé à du tabac.

Quand on parle d'alcool, on parle d'un terme générique qui recouvre une grande diversité de produits: 

le vin, le cidre, la bière, le porto, le cognac, le whisky, la vodka, sont des alcools aux taux variés de 5 à 90 degrés ( principes actifs)  

Il en va de même pour le cannabis : quand on parle joint d'herbe ou de schit, il en existe plus de 100 variétés différentes on ne précise rien de ses taux de T.H.C. ( principes actifs) qui vont de 4% à 35%. 


Est-il possible de sortir de la toxicomanie par abstinence?

 Oui

Rendez-vous dans notre rubrique: Références

Les sites Internet

Site un Centre de Sevrage


Confieriez-vous votre voiture à votre enfant sans qu'il ait appris à conduire?

Non

Aucun parent ne laisserait sa voiture à son enfant qui n'a pas appris à conduire.

De même il serait inconscient de laisser son adolescent sortir sans lui avoir appris ce qu'est la drogue.

 Actuellement, la disponibilité des produits est telle que l'on peut s'en procurer dans tous les lieus fréquentés par les jeunes (établissements scolaires, soirées -diners de classe, rallyes...-, clubs sportifs...). Les parents doivent se former objectivement et scientifiquement sur les produits pour pouvoir éduquer leurs enfants sur la drogue et leur fournir des arguments pour la refuser. Rappelons que la toxicomie, ça n'arrive pas qu'aux autres!


Le tabac est-il une drogue psychotrope?

Non

Le fumeur de tabac, et non le toxicomane, peut mener une vie normale, suivre sans problème sa scolarité, faire de longues études. Il reste en pleine possession de ses moyens.

C'est un produit toxique, nocif dont tout le monde connait les effets désastreux sur le plan de la santé (cancers, problèmes cardio-vasculaires...). C'est pourquoi il doit faire l'objet d'une véritable prévention dont le seul message sérieux est "consommation zéro".

Il n'est pas pour autant une drogue psychotrope (qui agit sur l'esprit). L'organe International de Contrôle des Stupéfiants qui est chargé de répertorier les drogues n'a pas intégré le tabac à sa liste de drogues psychotropes. Ce dernier ne modifie pas le comportement et ne désocialise pas la personne. 

 Personne n'a jamais tué sous l'emprise du tabac!

Dans aucun pays du monde il est interdit de conduire après avoir fumé du tabac.

Il est important de dire la vérité aux jeunes et de réserver le mot drogue pour les drogues psychotropes. Trop souvent on entend parler des "drogués du travail", des "drogués de l'Internet"... Cet abus de langage contribue largement à banaliser les drogues psychotropes.


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